Univers

Que signifie ton nom d’artiste, et d’où vient-il ?

Mina Mischief est l’association de mon diminutif Mina (mon prénom étant Marina) et du terme anglais mischief que l’on peut traduire par « malice » ou « espièglerie ». Il s’agit notamment de la combinaison de mes deux anciens pseudonymes « Mina Needle » et « Captain Mischief ».

Mina est également une référence à l’héroïne éponyme du roman Dracula de Bram Stoker, à laquelle je m’identifiais beaucoup à l’époque où j’ai découvert ce monument de la littérature fantastique, qui a éveillé en moi un véritable attrait pour le genre, pour la figure du vampire, et pour les monstres en tous genres que je n’ai cessé de dessiner depuis.

As-tu réalisé toi-même ton logo ?

Il s’agit d’une collaboration : j’ai dessiné le M original à l’encre dans un style art nouveau, puis mon confrère Victor Poirine, qui a reçu une formation en graphisme, en a fait une version améliorée par ordinateur. J’ai réalisé plus tard une autre version du logo : mon nom d’artiste en entier, dans une police style art nouveau, en incluant le M du premier logo. J’ai aussi effectué un remplissage couleur et ajouté divers effets (lumière, fumée) grâce à mon logiciel de retouche.

En quoi consiste ta démarche artistique ?

J’aime donner vie à des personnages qui sortent de l’ordinaire, en empruntant à la fois au réel et à l’imaginaire. Je les représente sous forme de portraits semblant dotés d’une vie propre, de décors surréalistes laissant place à l’imagination et invitant à l’évasion, ou d’illustrations racontant une histoire, souvent de manière très symbolique, voire satirique, notamment par le biais de l’humour noir.

Mes sujets sont très diversifiés : figures féminines et masculines, enfants, fées, monstres, saints… Quand ils ne sont pas purement imaginés, ils sont aussi bien issus de fictions (films, séries, romans, BD…) qu’inspirés de personnes réelles transposées dans mon univers. Mon intention n’est pas de reproduire scrupuleusement ce que je vois, mais de le retranscrire tel que je le perçois, à ma façon : stylisé, idéalisé, déformé, défiguré… J’ai toujours trouvé la perfection dans l’imperfection et – sans vouloir paraphraser Poe – une curieuse beauté dans la disproportion.

Quelques portraits d’après photo : les modèles avant et après leur métamorphose. Trois personnalités très différentes, trois mondes très différents.

Comment décrirais-tu ton style ?

Mon style est le fruit de l’association du dessin et de la peinture, deux techniques que j’ai appris à maîtriser et à développer au fil du temps. Il est à la fois figuratif et fantastique : mes œuvres sont composées de personnages originaux trouvant place au sein de décors oniriques et fantasmagoriques dans lesquels la réalité est réinterprétée, se trouvant sublimée ou déformée.

Afin de donner forme à mon univers, j’emprunte aux codes de représentation classique, tout en prenant mes distances avec le réalisme au niveau de mes choix de composition, de perspective, de proportions, de lumière, ou encore dans l’emploi de couleurs peu ordinaires, tantôt très vives, tantôt douces, selon l’effet recherché et l’atmosphère souhaitée. Les personnages sont représentés de façon plus ou moins détaillée, parfois même caricaturale. Mis en valeur par un tracé fin au stylo, ils conservent un aspect très dessiné. Mes compositions peuvent également comprendre paysages à l’aquarelle, motifs de faune et de flore, objets symboliques et éléments architecturaux stylisés.

C’est un style aujourd’hui bien affirmé, qui néanmoins a mis de longues années à se préciser. Auparavant, je prenais modèle sur d’autres artistes que j’admirais, puis j’ai fait le choix de m’en éloigner afin d’aller vers un style mieux assumé, plus personnel et authentique, afin de proposer des œuvres correspondant vraiment à mon identité artistique.

Où puises-tu ton inspiration ?

Un peu partout ! Dans les images fixes et animées, le visible et l’invisible, le réel et l’imaginaire, le vivant et le non vivant. Depuis toute petite, je passe mon temps à me cultiver, à observer les choses et les personnes qui m’entourent. Je puise essentiellement mon inspiration dans la nature, la musique et ma propre spiritualité.

Mes créations sont avant tout une part de moi, l’expression de mes obsessions et de mes angoisses. Je cherche l’inspiration à travers mes souvenirs, mes rêves, et toutes sortes d’images qui me hantent et exercent sur moi un mélange de fascination et de terreur. À cette démarche personnelle vient s’ajouter l’éternelle influence de mes cinéastes, artistes et auteurs favoris. Le point de départ d’un projet pourra être un thème ou un sujet que je souhaite aborder. Pour ce faire, je m’inspire d’œuvres qui m’ont marquée que je pense idéales pour illustrer mon idée. Il va également pouvoir s’agir d’une découverte plus récente (mon dernier coup de cœur littéraire, un film vu la veille…) qui aura suscité en moi un désir de le retranscrire dans mon propre langage plastique, en choisissant de mettre en avant certains aspects : un thème particulier, un personnage spécifique, un passage qui aura retenu mon intention…

Mes thématiques peuvent varier selon la saison : j’ai par exemple tendance à produire plus d’œuvres de fantasy pendant l’hiver en raison de l’ambiance féérique propre à cette période, et à réaliser plus de créations fantastiques et horrifiques durant l’automne, à l’approche d’Halloween. Parfois, je fais une pause dans un projet personnel en cours pour lui laisser le temps de mûrir, de prendre forme au gré de mes nouvelles inspirations. Ainsi, dans chaque trait et chaque touche se reflètent à la fois mon état d’esprit, mes centres d’intérêts, mes inspirations du moment, la saison qui a vu naître l’œuvre, ou encore les morceaux musicaux que j’écoutais tout au long de sa conception.

Quelles sont tes principales références et influences ?

J’en ai beaucoup trop pour pouvoir toutes les citer ! Mon univers est vaste… S’étendant des mondes de l’imaginaire jusqu’au royaume du sacré, il s’est enrichi au fil de mes lectures, de mes expériences et de mes découvertes cinématographiques, artistiques…

Je suis principalement influencée par les littératures de l’imaginaire, le cinéma et l’audiovisuel, les arts plastiques, l’histoire, la mythologie et le folklore. J’ai un intérêt tout particulier pour des courants artistiques tels que le romantisme, le symbolisme, l’art nouveau et le surréalisme, et me passionne pour plusieurs genres littéraires et cinématographiques : fantastique, horreur, science-fiction, fantasy, policier, thriller… Je m’intéresse également aux domaines de l’illustration, de l’affiche et de la bande-dessinée.

Dans la grande majorité de mes créations, je fais volontairement allusion à certaines œuvres, aussi bien issues de la culture dite « populaire » que peu connues du grand public. C’est le cas par exemple des classiques de Dario Argento, souvent à l’origine de projets communs avec mon confrère Victor Leblanc. J’aime également inclure des références implicites, à travers divers indices, clins d’œil, symboles et connotations, que seuls pourront saisir les spectateurs les plus observateurs, et qui disposent d’un minimum de culture.