Parcours

D’où vient ta vocation ?

Je suis issue d’une famille comptant parmi elle plusieurs artistes : des dessinateurs, des graphistes et des peintres. Je dois avoir hérité de ce savoir-faire familial. Mon père, artiste peintre formé aux Beaux-Arts de Paris et à l’École de l’Image d’Épinal, m’a transmis à la fois son talent et ses connaissances, et mon grand-père, auteur de dessins humoristiques pour L’Est Républicain, m’a initiée au dessin et beaucoup transmis tout au long de mon enfance.

Lorsque j’étais petite, mes dessins ont été pour moi un refuge, jouant un peu le rôle d’amis. Je m’isolais souvent pour me retrouver dans mon monde imaginaire. Ce que je préférais était illustrer mes cahiers de poésie, ainsi que de petits carnets dans lesquels j’écrivais des histoires fantaisistes. Le dessin était vraiment ma passion première. Pourtant, je ne pensais pas en faire un jour mon métier, m’imaginant plutôt écrivain, bibliothécaire, cinéaste, iconographe, ou encore maquilleuse FX.

Comment as-tu appris à dessiner ?

J’ai toujours été quelqu’un d’autodidacte, de très curieux et d’extrêmement perfectionniste. Petite, j’ai appris à développer et à améliorer mes techniques de dessin et de peinture à travers tout ce qui était à ma disposition (dessins-animés, albums de contes, livres d’art, encyclopédies illustrées, BD…) et dès que j’en avais l’occasion, je participais à des concours. L’aide et les précieux conseils de mon père m’ont aidée à évoluer.

Moi petite, posant fièrement avec un dessin du « Bossu de Notre-Dame » réalisé pour un concours, et en train de peindre.

Une fois arrivée au lycée, j’ai décidé de suivre une option « Arts plastiques » afin de me perfectionner et d’enrichir ma culture artistique. J’ai notamment été initiée à de nouvelles techniques, comme l’acrylique ou l’encre de Chine, et appris à présenter mes travaux et ma démarche artistique à un public.

Durant cette même période, je tenais un blog dans lequel je partageais quotidiennement mes créations personnelles : peintures à l’acrylique, illustrations de chansons et de poèmes, portraits au crayon de papier et à la mine de plomb représentant des personnages de films ou des stars que j’admirais…

À partir de la fin du lycée, j’ai commencé à réaliser gratuitement des portraits d’après photo, en transposant mes modèles dans des univers tantôt merveilleux, tantôt horrifiques. Cette expérience m’a permis de développer mon style personnel tout en veillant à respecter l’univers propre à chaque personne représentée, par le biais de matériaux très variés : crayon de papier, stylo roller, feutre, crayon de couleur, acrylique et encre de Chine.

Quelles études ou formations as-tu suivies ? As-tu fait une école d’art ?

Après le lycée, contrairement à mes camarades de la filière « Arts plastiques », je ne me voyais pas poursuivre dans la voie artistique : je craignais de ne pas me sentir assez libre, en porte-à-faux avec un esprit de compétition dans lequel je ne me retrouvais pas. Heureusement, j’avais de bonnes bases techniques et théoriques, et les études que j’ai choisi d’entreprendre par la suite n’ont fait qu’enrichir ma culture artistique, tout en développant mes connaissances littéraires et cinématographiques.

Je suis d’abord entrée à la fac de Lettres de Nancy pour y préparer une licence « Culture & Communication ». Au cours de nombreux enseignements relatifs aux arts médiévaux et à l’édition de livres et albums jeunesse, j’ai eu l’occasion d’explorer des thèmes passionnants qui ne cessent de m’inspirer au quotidien : je pense en particulier à l’art de l’enluminure ou encore à l’illustration des contes de fées. J’ai également étudié à l’IECA, espérant pouvoir travailler plus tard dans les décors ou les effets spéciaux de films d’horreur, avant de réaliser que j’étais plus cinéphile que cinéaste. J’ai finalement poursuivi mes études à l’IUT Charlemagne, toujours à Nancy, dans l’optique de devenir une spécialiste des images (fixes et animées) en préparant une licence professionnelle « Fonds iconographiques et audiovisuels ».

C’est tout au long de mes « années fac » que mon style artistique a vraiment pu se préciser, pendant de nombreuses heures passées à dessiner au stylo-bille sur mes feuilles de cours. Le bic est devenu un de mes principaux outils de travail, au départ associé au crayon de couleur, qui plus tard sera remplacé par l’aquarelle : une technique picturale à laquelle je me suis d’abord intéressée par simple curiosité avant de m’y initier de façon autodidacte. Grâce à une pratique régulière, et suite à maints exercices et expérimentations, j’ai finalement été conquise par cette technique, qui occupe à présent une place centrale dans mon travail de peinture.

Depuis quand exerces-tu en tant qu'artiste professionnelle ?

Je suis artiste à plein temps depuis Décembre 2016. Avant cela, j’ai été bibliothécaire, agent d’accueil et de surveillance dans un musée, et animatrice dans une MJC. Je ne trouvais plus le temps de dessiner. Comme ma passion me manquait considérablement, j’ai décidé de ne pas renouveler mon contrat et de me mettre à mon compte. Je ne regrette pas ce choix et pour rien au monde je ne changerais de profession !

As-tu déjà exposé tes travaux ?

J’ai eu la joie de pouvoir participer à une exposition d’artistes chrétiens lors du festival Déomission à Saint-Dié-des-Vosges, j’y ai présenté une œuvre que j’avais réalisée exceptionnellement pour cette occasion.

Notre Dame, priez pour nous exposée le 21 Juin 2019 dans le cloître de la cathédrale Saint-Dié.

As-tu des projets en tête ?

Je souhaiterais pouvoir un jour exposer à court ou moyen terme l’ensemble de mes créations. En attendant, je compte produire plus d’œuvres personnelles et les partager régulièrement sur les réseaux sociaux, en proposant un nouveau thème chaque semaine selon mon inspiration du moment.

Je pense également me lancer dans la diffusion de vidéos de speed drawing ou de speed painting afin d’offrir à mon public un aperçu « vivant » de mon travail en cours.